Fête des prénoms : d'où vient la tradition du saint du jour ?

« Bonne fête, Geneviève ! » Chaque matin, la radio, le calendrier de la cuisine ou un collègue attentif nous rappellent quel prénom est à l'honneur. Cette habitude bien française de souhaiter la fête des prénoms repose sur un objet ancien : l'éphéméride. D'où vient-elle, comment les dates ont-elles été fixées, et que faire quand un prénom n'a pas de saint ? Voici l'essentiel, et comment retrouver en un instant la fête de vos proches avec notre éphéméride en ligne.

Qu'est-ce qu'une éphéméride ?

Le mot vient du grec ephêmeros, « qui ne dure qu'un jour », de la même famille qu'« éphémère ». Une éphéméride est donc, au sens propre, un document organisé jour par jour. Le terme désigne plusieurs choses selon le contexte :

Dans la vie courante, c'est le premier sens qui domine : l'éphéméride est avant tout le calendrier qui associe un saint, et donc un prénom, à chaque jour de l'année.

Le calendrier des saints : une tradition chrétienne

L'Église catholique commémore ses saints à date fixe, le plus souvent le jour anniversaire de leur mort, considéré comme leur « naissance au ciel ». Au fil des siècles, ce calendrier liturgique s'est enrichi de milliers de noms, bien plus qu'il n'y a de jours dans l'année : chaque date correspond en réalité à plusieurs saints.

Les calendriers grand public n'en retiennent qu'un par jour, généralement le plus connu ou celui dont le prénom est le plus porté. C'est cette sélection que l'on retrouve sur le calendrier des postes et dans la plupart des éphémérides françaises. Elle n'a rien d'officiel : d'un calendrier à l'autre, quelques dates peuvent varier.

Pourquoi certaines dates ont changé

Le calendrier liturgique a été profondément révisé en 1969, à la suite du concile Vatican II. Plusieurs saints ont alors changé de date. Saint Thomas d'Aquin, longtemps fêté le 7 mars, l'est désormais le 28 janvier. D'autres, dont l'histoire est trop mal connue, ont été retirés du calendrier général de l'Église : c'est le cas de saint Valentin. La tradition populaire, elle, ne l'a pas oublié, et le 14 février reste sa fête dans les calendriers français.

Fête et anniversaire : deux célébrations différentes

L'anniversaire célèbre le jour de la naissance ; la fête célèbre le saint dont on porte le prénom. En France, la fête est une attention plus discrète : un « Bonne fête ! », un petit message, parfois des fleurs ou un gâteau. Dans d'autres pays de tradition chrétienne, en Grèce ou en Pologne par exemple, la fête du prénom est au contraire un moment important, parfois aussi célébré qu'un anniversaire.

Pendant longtemps, en France, les deux dates étaient d'ailleurs liées : on donnait volontiers à un enfant le prénom du saint du jour de sa naissance ou de son baptême.

Un lien ancien entre prénoms et calendrier

Ce lien a même eu une valeur légale. À partir de 1803, la loi du 11 germinal an XI limitait les prénoms autorisés à ceux « en usage dans les différents calendriers » et à ceux des personnages connus de l'histoire ancienne. Ce cadre a été progressivement assoupli par la pratique, puis supprimé par la loi du 8 janvier 1993 : depuis, les parents choisissent librement le prénom de leur enfant, l'officier d'état civil pouvant seulement saisir la justice si ce choix paraît contraire à l'intérêt de l'enfant.

Résultat : de nombreux prénoms d'aujourd'hui, inventés, venus d'autres cultures ou formés par association, ne correspondent à aucun saint du calendrier.

Mon prénom n'est pas dans le calendrier : quand le fêter ?

Plusieurs solutions existent, et aucune n'est obligatoire :

Notre éphéméride reconnaît les variantes courantes : tapez « Ginette », « Tom » ou « Cathy », elle vous renvoie directement vers la date du saint correspondant.

Un prénom, plusieurs dates

À l'inverse, certains prénoms apparaissent plusieurs fois dans l'année, parce que plusieurs saints l'ont porté ou parce qu'une même figure est honorée à plusieurs occasions. Marie, par exemple, est fêtée le 1er janvier comme le 15 août, jour de l'Assomption. L'usage retient en général la date du saint le plus connu, mais chacun reste libre de choisir celle de son saint patron. Dans l'éphéméride, les autres dates d'un prénom s'affichent sous le nom du saint : un clic suffit pour les consulter.

Cas particulier : le 29 février, on fête les Auguste. Les années non bissextiles, ils sont souvent fêtés la veille, le 28 février.

Les saints qui ont marqué le calendrier populaire

Certains jours de fête ont débordé du cadre religieux pour entrer dans les traditions et le langage courant :

Bien utiliser l'éphéméride au quotidien

Souhaiter une fête est une attention simple qui fait toujours plaisir, encore faut-il y penser. Notre éphéméride couvre les 366 jours de l'année et se consulte de deux façons :

Pour chaque saint, l'outil présente aussi deux éclairages : le caractère traditionnellement associé au prénom, issu de la tradition populaire et donné pour le plaisir, sans valeur scientifique, et une notice sur l'origine du saint, qui résume ce que l'on sait de sa vie en signalant la part de légende pour les figures les plus anciennes.

Quelques idées d'usage :

En résumé

L'éphéméride est l'héritière d'une longue tradition qui associe un saint, et donc un prénom, à chaque jour de l'année. Les dates retenues par les calendriers français s'appuient sur le calendrier liturgique catholique, avec quelques variations d'un calendrier à l'autre. Les prénoms sans saint se fêtent traditionnellement à la Toussaint, et ceux qui en ont plusieurs laissent le choix de la date. Pour ne plus jamais oublier une fête, il suffit d'un coup d'œil chaque matin à l'éphéméride.